Si nous commencions par le bilan de la semaine, impossible que vous puissiez nous croire ! Première semaine de voyage et déjà toutes nos expériences associées à la météo peu clémente de l’Écosse nous sont utiles. Pluie, inondation, nuées de moustiques, tempête et incendie…

Lagune de Karavasta, une des 4 réserves visitées et la seule où nous nous soyons arrêtés!

Nous sommes entrés en Albanie par Hani i Hotit. On commence par prendre la direction de la première  grande ville, Shkodra, pour avoir quelques billets de la monnaie locale, le Lek. Sur la route peu après l’entrée dans le pays, un policier nous fait signe de nous arrêter.  Je baisse la fenêtre et avec un grand sourire il nous dit  « Bonsoir ! » (à 12h30); « No problem ? – No, no. No problem! – Ok! Allez !». Cette rencontre improbable nous aura bien fait rire. Une fois en ville, la circulation est un joyeux bordel fait de piétons traversant ou marchant au milieu de la route, d’absence de régime de priorité, et de voitures stationnées où bon leur semble. Le budget est simple, nous avons 420€ au total pour passer un mois en Albanie. Alice sort de la voiture avec une liasse de quelques billets de 20€ et revient avec un portefeuille impossible à fermer ! « T’as combien ? » lui demanderai-je un peu surpris. « 42 000 leks en billets de 500 ! Alleeezzzz…. On est trop riche!!! » répondra elle avec des attitudes gangsta rap, liasse de billets à la main !

Cormoran Pygmé très présent dans les lagunes de l’Ouest Albanais.

Mais rapidement on déchante. Paysage austère, pas de tranquillité, impossibilité de trouver un bivouac et journée à ne rien faire d’autre que rouler pour trouver des lieux où dormir. Ça, c’est le premier jour. Du coup on dort sur un parking de camping fermé. Le second jour même histoire avec en plus une pluie continue de plus de 24h. On s’installe près d’un lac de barrage après une piste très boueuse. La pluie commence à passer à travers la toile du toit relevable et à entrer. Si on touche la toile avec quoi que ce soit (sac de couchage, vêtement… ils sont trempés. Et là on voit l’eau du Lac qui monte rapidement. On prendra peur et à la nuit tombée on reprendra la piste boueuse pour finir une fois de plus sur un parking de resort fermé ! Et on n’est qu’au deuxième jour…

Le Crapaud vert au milieu de la route de nuit! En plein amplexus (position d’accouplement)

Le troisième on enchaîne 3 réserves ornithologiques qui sont apparemment vides de vie. Il y a des maisons e des déchets partout et même une raffinerie de pétrole dans l’une d’entre elles. On ne trouve pas de bivouac autour de la capitale Tiranë et on finira à l’hôtel à la nuit tombée. Au quatrième jour on trouvera enfin un peu de paix proche de la lagune de Karavasta. Là aussi très peu d’oiseaux et beaucoup de moustiques, mais on verra quand même des cistudes, l’une des rares tortues d’eau douce d’Europe. Après 4 lagunes classées comme réserve nous aurons donc vu des grands cormorans, des aigrettes gazettes, des cormorans pygmés, une spatule au loin, quelques flamants roses, beaucoup de foulques macroule et 3 pélicans à plus de 2 km de distance. On est loin des populations record annoncées dans notre guide et les occasions de photo animalière sont très rares !

Bivouac à la lagune de Karavasta! Après 4 jours de recherche…

Puis c’est un peu l’apogée de l’improbable. Après une nuit au milieu de champs d’oliviers, un vent souffle depuis le Sud. Chaud, sec et chargé de poussière rouge : pas de doute, il vient du Sahara. Le vent durci à tel point qu’il se transforme en tempête de sable à proximité des plages. En ouvrant la porte, le vent l’emportera ce qui cassera la glissière qui retient la porte du conducteur. Désormais on a une porte qui s’ouvre presque à 180°… On se trouve un coin pour dormir derrière un village, dans une garrigue typique des paysages méditerranéens. Et là, à 500m de nous, un incendie se déclare à cause de ce vent fort et chaud qui a soufflé toute la journée… Branle-bas de combat de nouveau pour partir de là et chercher un bivouac à la dernière minute et monter dans la montagne où le paysage alpin est plus humide. On se couche en hallucinant de notre mauvaise chance face aux éléments durant cette semaine. Mais lorsque l’on pense que c’est fini, et bien il y en a encore ! La tempête de vent de la journée se transforme en violent orage. Il pleut tellement que l’on sera réveillé à 5h du matin par de l’eau qui coule sur mes pieds à travers le sac de couchage ! En plein milieu de la nuit je file donc vers le frein à main, le dessers pour descendre de quelques cm les roues avant et faciliter l’évacuation de l’eau en DEHORS de la voiture !

Petit répit à Durrës pendant le bien nommé « jour de l’été »

Dernier jour de la semaine. Le matin est frais, mais sans vent. Le soleil pointe le bout de son nez et notre clairière devient agréable. La météo est si paisible en ce petit matin que s’en est rageant. On se dit « Ouai, ouai, fait l’innocente là, toute calme alors qu’on a passé la nuit à lutter pour nos dernières minutes de sommeil ! ». Sans rancune – ce qui, au passage, serait complètement idiot d’avoir de la rancune envers la météo –, on part randonner et on restera surement plusieurs jours dans notre bivouac ici au cœur de la montagne du parc Llogaraja.

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