Si vous avez lu notre dernier article sur la Roumanie, vous savez qu’une panne de notre Def nous a obligés à faire une pause forcée de nos aventures, avec un rapatriement en France. Quinze jours dans le pays du fromage nous ont permis de nous reposer, bien manger, prendre de vraies douches et surtout revoir copains et famille. Des vraies vacances !

Le retour en Roumanie nous a donné le sentiment de rentrer à la maison. C’est à ce moment-là que nous nous sommes rendu compte que le Defender entrait de plus en plus dans nos vies. Il devient notre repère où, malgré le manque d’espace, nous avons nos habitudes. Bien réparé désormais, il était prêt pour nous amener exactement là où l’aventure a été interrompue : sur la Transfagarasan avec ses ours ! Ni une, ni deux, nous sommes repartis là-bas pour essayer de voir ces gros mammifères que nous avions vus à trois occasions sur cette même route dans les voitures de la police puis de la dépanneuse. Il ne nous faudra pas longtemps pour réaliser notre quatrième observation d’ours grâce à une chienne que l’on a entendu aboyer de loin. Pas gêné le moins du monde par ces menaces, l’ours est au-dessus de la route en train de manger quelques végétaux. Nous nous observons mutuellement, en sécurité, jusqu’à ce qu’il décide 30 minutes plus tard de partir dans les bois. Le vrai bonheur !

Notre quatrième observation d’ours sur la Transfagarasan! Que d’émotion!

Dès le lendemain, nous avons commencé à parcourir les 2500 km qui nous séparaient de la Finlande avec même un record journalier : 800 km en 14h de route. Pendant ces six jours de transit nous auront beaucoup discuté, écouté les musiques de voyage qu’on nous envoi par mail, fait un petit passage à l’hôpital en Hongrie pour une infection bénigne, mais urgente, observé un soleil qui peine de plus en plus pour se coucher, traversé six pays, passé quelques heures à la recherche d’un mécano pour la vidange sans succès, vu un film au cinéma à Tallinn en VO double sous-titré en estonien/russe et enfin pris un ferry sur la mer Baltique pour atteindre le pays du père Noël.

Dès les premiers tours de roue, nous avons une excellente impression de la Finlande! Notre premier bivouac a été aux abords du parc naturel de Nuuksio, 30km à nord-ouest du centre d’Helsinki. Structure sans défaut, avec excellente signalisation pour les chemins de randonnée, panneaux d’info attirants, des toilettes sèches hyper propres, des barbecues publiques avec des cabanes entières de bois à disposition (et hache qui va avec). Toute cette structure invite à se mêler avec la nature, dans un esprit de respect et d’admiration. Par exemple le bois est à disposition de tous, mais également à la charge de tous. Alors si on prend des buches sèches, c’est sympa d’en remettre quelques-unes à sécher dans un coin du stock pour les prochains campeurs. Le paysage de la forêt boréal s’offre à nous, les lacs sont omniprésents et nous observons déjà la faune finlandaise en nombre : un serpent, des bernaches, deux grues, et des poules sauvages ! Ça promet !

Mignon caneton qui se baladait au bord du lac en compagnie de ses frères et sous le regard de maman!

Le lendemain est un peu moins excitant. Notre bouteille de gaz est à la fin, et les pays du Nord ne travaillant pas avec Campingaz, car le butane seul est inutilisable en dessous de 0°C. Impossible de la recharger avant l’Allemagne alors qu’on aurait pu le faire à Tallinn… Bref, on a passé la journée en cherchant des alternatives, et on a fini par acheter de petites recharges avec un réchaud portable (norme internationale EN417), et un mini-réchaud à bois pour économiser notre gaz qui coute désormais 2 fois plus cher. Mais la cuisine au feu de bois nous réserve quelques déconvenues et on doit alors modifier notre façon de vivre et d’organiser la voiture. Cumulé aux moustiques très présents, au manque de sommeil et à la fatigue des derniers milliers de kilomètres, Thomas finit par écrire ce qu’il a sur le cœur après une nuit trop difficile. Un billet de mauvaise humeur à lire si vous rêvez d’une « vanlife » sur le long terme.

Opportunité unique de photographier un des derniers phoques du Saimaa

Mis à part nos difficultés du quotidien, la Finlande est sublime. Notre première vraie étape était le parc national de Linansaari. Petite partie du Lac Saimaa, il abrite une population de phoque annelé bien particulière. D’habitude marin tout autour de la région arctique, la population du lac Saimaa s’est retrouvée enfermée dans ce lac d’eau douce il y a près de 9 000 ans. À cause de la chasse, il n’existait pas plus de 200 individus à l’époque où nous sommes nés (années 80). Mais les mentalités ont changé, car le phoque annelé du lac Saimaa est le phoque le plus en danger du monde et le seul mammifère endémique de Finlande. Alors il a été protégé à partir de 1955 et des règles strictes ont été mises en place dans les parcs nationaux couvrant les dernières zones du lac où les phoques se trouvent : en été, interdit de s’arrêter pour les observations, juste un passage à vitesse ralenti, interdit de les approcher de trop près, interdit de les déranger, incitation à l’utilisation de méthode de pêche ne capturant pas les phoques par mégarde ; et l’hiver, interdiction de circulation motorisée sur le lac gelé où mère et petit hivernent sous la neige (sinon la mère se jette à l’eau et laisse son petit seul avec la faim et le froid…). Aujourd’hui la population remonte doucement (environ 300 individus), mais reste très menacée notamment par les changements climatiques qui retardent et limitent la formation de la glace nécessaire à la naissance et la survie des petits. Faire un tour en bateau pour voir un de ces animaux est à la fois cher (80-85€ par personne) et totalement imprévisible ! Mais bon, les routes ne longent pas les zones à phoque, ils sont rares, nous sommes à la toute fin de la saison de mue (mai/début juin) qui est la seule période de l’année où les phoques se prélassent sur les rochers et partir en canoë serait à la fois long (plusieurs jours) et infructueux, car les phoques étaient chassés depuis des canoës… donc ils en ont peur. Alors on part en bateau à 6h du matin avec un vieux monsieur ayant hérité le métier de guide de son père. Il a l’habitude de chercher ces animaux si timides et si bien camouflés. Une heure et demie de vent frais et de paysage lacustre rempli d’îlots, et toujours pas de phoque en vue. Au  moment où nous passons de motivés à déçus, le pilote pointe finalement un rocher au loin. Avec l’aide des jumelles, la réussite est confirmée : il y a bien un phoque du Saimaa à quelques mètres de nous ! On se rapproche un peu, mais pas trop. On n’a pas le droit de s’approcher beaucoup du phoque pour ne pas le déranger, et c’est tant mieux ! Avec un objectif de 300mm, c’est très court pour faire une belle photo! Louer un 500mm + doubleur de focal peut être une bonne idée pour la prochaine fois. Mais nous sommes tout de même contents de pouvoir l’observer, car notre capitaine a fait trois sorties la veille il n’avait rien vu. Alors on le regarde et on profite de ce moment de contemplation de ceux qui risquent de disparaitre pour toujours. Petit bonus, en repartant nous verrons quelques nids de balbuzard pêcheur, très timides eux aussi.

Un phoque du Saimaa juvénile. Quelle chance que nous avons eu!

À 8h nous arrivons au port, les cygnes chanteurs sont là et la semaine se terminera entre grandes routes, moustiques, paysages lacustres et quelques panneaux « Vous entrez dans la moitié Nord du pays, zone d’élevage de rennes ! ». Nous quittons la Finlande des villes qui nous a déjà offert pas mal de rencontres sauvages. Maintenant place à la Finlande encore plus sauvage, adieu à la nuit pour au moins un mois et bonjour au père Noël !

Les cygnes chanteurs ont leur place dans cette Finlande des lacs

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