Après nos deux premières semaines dans le Péloponnèse, nous avions prévu de passer trois ou quatre jours à Athènes, de remonter vers le nord-ouest, puis de filler plein Est. Ce trajet nous permettait de rattraper ce qui n’avait pas pu être vu à l’aller à cause des mauvais jours de Mars, puis de découvrir une Grèce que peu de touristes connaissent. Étant de passage dans une grande ville, nous en avions donc profité pour nous faire envoyer une boite à air pour la voiture par notre partenair Euro4x4parts, ainsi que des papiers et autres petites choses depuis la France par la mère de Thomas. Comment ? Via la poste restante. C’est un service postal qui permet de se faire envoyer du courrier à une agence de poste qui le conservera durant 15 jours jusqu’à ce que vous veniez le récupérer. Pas mal, non ? Sur le papier oui, dans la réalité, il faut être patient !

Une pose d’equilibre au sommet de notre petit monde!

Tout commençait à peu près normalement. Un bivouac en bord de mer, un très beau point de vue, le tout à Artemi, proche de l’aéroport d’Athènes, soit à 1h de transport environ du centre-ville de la capitale. Nous y sommes restés pendant quelques jours, histoire de nous reposer des 240km qui nous séparaient du dernier bivouac au Péloponnèse et de prendre le courage d’aller en ville. Ici, on trouve quelques tortues (Testudo marginata) et scinque (Chalcides ocellatus). Puis, nous décidons d’aller voir nos histoires de poste restante à Athènes et les aventures commencent !

On prend de la hauteur pour un meilleur point de vu!

Nous sommes vendredi, ok, mais pas n’importe lequel ! C’est le vendredi de la semaine sainte des chrétiens orthodoxes! Elle a lieu une semaine après la semaine sainte chrétienne catholique cette année. Du coup, nous pensions la Pâque terminée, mais elle ne faisait que commencer ! Au passage, signalons que l’État grec et la religion orthodoxe ne sont pas séparés, que les Grecs sont extrêmement pieux (signe de croix multiple, embrassement des idoles, popes fonctionnaires de l’état…). Alors, autant vous dire que le Vendredi saint, rien n’est ouvert, le musée national à des horaires et un personnel limités (donc une visite écourtée en temps et en nombre de salles ouvertes) et que tout est un peu au ralenti. La poste principale de la capitale, place Syndagma, ouvrait tout de même…houla ! Au moins 3h dans la journée ! Histoire de faire bonne figure quoi ! Après être passés une première fois dans la journée et avoir trouvé les portes fermées, nous rearriverons au moment de la fermeture à 16h30 et le postier, aimable comme toujours, nous refermera le rideau de fer sur le nez, scandant « Tomorrow…tomorrow… ! » tout en s’éloignant le plus vite possible de nous. C’est le week-end de Pâques demain ! Thomas passera donc sa tête au ras du sol accompagnant le rideau de fer s’abaissant pour demander « Mais quelle heure ?!!! – Tomorrow… Tomorrow… ! – S’il vous plait… à quelle heure ? » Cling ! Le rideau est fermé et l’on reste totalement abasourdi par ce qui vient de se passer. Nous sommes excédés par cette personne ! Du coup, nous prenons une décision idiote : Filler à 100km au Nord pour laisser passer la Pâque et revenir le mercredi suivant.

On arrive sur un bivouac très moyen et l’on redescendra en direction d’Athènes dès le lendemain. Nous passerons l’après-midi entier à chercher un bivouac, mais nous trouverons LE bon bivouac. Isolé à flanc de colline, le long d’une piste très peu fréquentée, avec vue sur la mer et de très très nombreuses tortues terrestres (Testudo marginata). Nous passerons une journée et deux nuits sur ce bivouac que nous quitterons à regret à cause d’un manque d’eau et d’électricité ! En effet, nous sommes maintenant presque à la mi-Avril et la Grèce se réchauffe. Il n’est pas rare d’avoir 25-30°C dans la voiture avec des nuits tournant autour de 15°C. Le frigo tourne donc beaucoup ! Nous sommes contents d’avoir trouvé cet endroit pour nous reposer et nous partons désormais vers le Mont Parnitha que EloetSebetcoenEurope nous avaient conseillé pour la présence de cerfs peu farouches. Superbe bivouac au sommet de la montagne, terrain plat, des biches tous les jours à seulement 10-20 mètres de nous parfois, des sources d’eau à proximité et nous sommes à seulement 30 km au nord d’Athènes ! Un bivouac qui va nous sauver la mise plus d’une fois encore !

Une biche a moins de 3 mètres… Une occasion en or pour la photo animalière!

Retour à Athènes après les fêtes de Pâques pour aller voir si nos colis sont arrivés! Et au passage on va chez Land Rover pour faire vérifier l’embrayage qui fait un peu de bruit. Ok, un embrayage, ça coute cher, mais nous ne voudrions pas nous retrouver immobilisés au milieu de pistes inaccessibles pour une dépanneuse. Nous partons en ville pour la journée avec un devis de 1200€. On va à la poste en attendant. Rebelote ! La poste est bien ouverte, mais la postière est d’une amabilité… Elle refuse de regarder son stock avec notre nom (sans référence colis) et nous éjecte avant qu’on ne puisse s’en rendre compte ! On demande alors la ref coli à Euro4x4 Parts qui nous répond rapidement, mais la lettre de la mère de Thomas n’a pas de numéro de suivi ! On retente notre chance avec une autre, qui arrive à son poste frappé à la main (un café glacé que tout le monde boit ici). Pas aimable, elle ira tout de même regarder et nous informera que rien n’est arrivé. Ok, on part alors se balader en ville. Coup de fil de Land Rover ! Cool, la voiture est déjà prête !? A non… le volant moteur est à changer et il y’en a pour 1600€ la pièce et la voiture ne sera prête que demain. Gros coup de massue sur le crâne ! On va à l’hôtel et l’on fait le bilan de la situation : 3 ans d’économies à coût de 350€ chacun + 14 000€ d’investissement dans le Defender ont été nécessaires à la réalisation de ce voyage de 9 mois autour de l’Europe. La facture du garage de 2800€, le nombre trop important de kilomètres parcourus, les nombreux restaurants et les deux hôtels faits. Quel sera l’impact de ces imprévus sur notre rêve de vie en itinérance ? C’est avec peu et une grande fatigue que nous nous lançons dans nos calculs. Le bilan tombe et il est rassurant. Nous avions prévu large (+30% sur le carburant ; x2 pour l’alimentation courante) et suréconomisé dès que possible tout au long de ces trois ans. Alors oui, le budget réparation doit être doublé (passé de 2 à 4 k€), mais nous pouvons l’encaisser ! Notre idée de partir au Maroc pour l’hiver en bonus s’il restait du budget s’envole, mais le projet initial peut continuer ! Alors nous partons découvrir Athènes by night en nous remémorant les phrases du livre « Vagabonding » de Rolf Potts, un livre de réflexion autour de la notion de vie itinérante tel que cette idée : un voyageur n’imagine pas la manière dont son voyage doit se dérouler, de sorte qu’un imprévu le gâchera ; un voyageur vit son voyage et saisie tout imprévue ou problème comme une manière de vivre quelque chose de différent. Une attitude un peu fataliste, mais surtout zen. Le lendemain, pas d’Acropole pour nous vu le tarif (20€ par personne que pour ce site), le monde (au moins 1h de file d’attente sous la chaleur pour entrer) et l’état de ce monument UNESCO (en travaux depuis des années, échafaudages partout…etc.). Alors on fait les boutiques et l’on prend la vie comme elle vient. On peut alors aller chercher notre maison nomade et l’on repart vite fait dans les montagnes du Mont Parnitha, avec un numéro de suivi du colis à vérifier tous les jours sur Internet.

Ajout d’un faux plancher entre les banquettes pour un espace cocooning!

Nous finirons notre séjour autour d’Athènes en vagabondant entre Ikea et Leroy Merlin (on a changé quelques détails de notre aménagement), bivouac en montagne avec les biches et bivouac en bord de mer avec les oursins et les poissons, un magnifique coucher de soleil au temple de Poséidon et enfin l’arrivée tant attendue de nos colis ! Il aura fallu près de 3 semaines à une lettre pour arriver en poste restante, et facilement 10 jours au colis qui passa par l’Autriche, la Bulgarie et enfin la Grèce pour finalement ne pas être livré en poste restante. Nous irons donc le chercher au dépôt Chronopost où il se trouve. Entre-temps notre aménagement a été modifié, on a rencontré des Grecques imbuvables, mais également les personnes les plus gentilles du monde, on s’est approché plus proche que jamais de biches (sans les proposer rien à manger, hein !), découvert les eaux cristallines de la méditerranée et finalement découvert qu’il faudra réfléchir à deux fois avant de faire une commande avec livraison la prochaine fois.

Coucher de soleil sur le temple de poséidon.

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