Après deux semaines d’attente autour d’Athènes on entame notre montée de 2 mois vers Le Cap Nord (voir projet)! Notre premier arrêt sera aux Météores, une belle région de pics rocheux où d’anciens monastères orthodoxes virent le jour (600 ans pour le plus ancien). Un paysage vertigineux ! Mais avant de commencer tout cela, nous passerons par une petite galère avec la voiture lors de notre recherche de bivouac. Une série d’erreurs de novices nous auront bloqués au milieu d’une côte terreuse. Tout commence avec l’exploration d’une zone herbeuse quelques mètres en dessous de la route. Nous descendons le chemin qui y mène sans problème. Mais pas un endroit plat pour la nuit ! Alors on utilise le blocage de différentiel et la première courte pour remonter le chemin pendu descendu quelques minutes auparavant. Or on patine à mi-chemin dans la pente. À la deuxième tentative, j’indique à Thomas le chemin le plus sécurisé, c’est-à-dire celui déjà emprunté qui s’éloigne du bord tombant vers le champ à 3m en dessous. Mais il est plus complexe que la ligne droite longeant le bord, car plus raid et avec un virage à angle droit en pleine pente. Thomas s’élance, mais patine encore à mi-chemin. À l’arrêt, il va décider de manœuvrer dans le virage en pente au lieu de reculer pour faire une nouvelle tentative. Il veut s’aligner avec le reste du chemin en espérant réduire la pente à monter et donc la difficulté. Grosse erreur, car nous nous retrouvons quasi-perpendiculaire à la piste qui nous précède, le poids de la voiture sur les pneus droits et plus rien sur les pneus gauches. Nous ne montons plus, car les pneus gauches patinent et chaque tentative nous fait un peu plus reculer vers le bord du chemin. Nous sommes bloqués et l’on commence à penser à sortir la tente pour cette nuit… On finit cependant par nous rappeler que nous surgonflons les pneus à 3,5bars pour éviter leur usure prématurée sur la route ! La voilà notre plus grosse erreur : ne pas dégonfler lorsque nous sortons de l’asphalte. Descendre à seulement 2,5bars nous a assuré le happy end ! Pneus regonflés, on a fini pour revenir au premier bivouac repéré 2h avant. Tout ça pour ça !

Pendant notre visite du Grand Monastère du Météora, on a été surpris de trouver cette salle avec des crânes de moines!

Quelques minutes après, nous y faisions connaissance avec les Here we are.world une famille française qui fait un tour dans le monde, comme ils aiment dire, depuis plusieurs mois dans leur camping-car! Le courant passe bien, très bien. Si nous les avions accueillis avec un « Là-bas y’a d’autres options pour dormir»,  pensant qu’un bivouac est toujours mieux seul pour nous comme pour eux, nous finirons par repousser nos visites des monastères situés à une poignée de km de là pour passer deux soirées et une journée complète au bivouac ensemble. Riche occasion de discussions et d’échanges sur tous les sujets que des voyageurs peuvent échanger : provenance, destination, installation, équipements, mode de vie, relationnel, sécurité, web management…! Après tout cela, notre visite du grand Monastère des Météores entouré par des touristes du monde entier semble presque anecdotique. C’est le plus grand et le plus vieux de la grosse douzaine de monastères et couvents installés sur les pitons rocheux. Toujours en activité, le lieu présente de petits musées, des reconstitutions de la vie Moyenne-Âgeuse ici et une chapelle où nous trouverons des œufs d’autruche en guise de décoration d’un lustre. Biologistes dans l’âme !

Des routes désertes entourés par la forêt de pin autour du mont Olympe!

Ensuite, on prend le chemin en direction de notre prochain point d’intérêt : le mont Olympe ! Les routes aux alentours de ces montagnes sont beaucoup moins fréquentées que celles des Météores. Lors de notre recherche de bivouac, nous prenons une route déserte avec des nombreux arbres tombés en travers. Nous savons que nous y serons seuls, et l’on a bien besoin d’une vraie douche après ces trois jours sous le soleil grec. Un bord de route rocheux nous surprendra avec une vue magnifique sur la chaine du mont Olympe et leurs cols enneigés. Grâce à un mélange de chance et de désir d’isolement, nous venons de trouver un bivouac magique, en compagnie seulement de ce paysage contrastant les couleurs des roches, le blanc immaculé de la neige et le vert des forêts de pin. Comble de ce bivouac qui restera dans nos mémoires : la nuit est parfaitement claire et la lune nous offre certainement une des plus belles photos de ce voyage jusqu’à présent. Le lendemain, partons en voiture pour contourner la montagne vers le côté plus connu d’où partent des chemins pour l’ascension du mont à près de 3 000m (trop dangereuse pour qu’on essaie). Nous avons fait alors une randonnée pédestre plus abordable, en passant par des gorges remplies de grenouilles, de lézards et de crapauds. Ces petits crapauds attirent spécialement notre attention, puisqu’il s’agit du sonneur à ventre jaune, une espèce que nous n’avons pas souvent l’occasion d’observer, et ils sont en pleine saison des amours !

Le sonneur à ventre jaune et ses yeux en forme de cœur! Elle est romantique, la nature! 🙂

Sachant qu’il ne nous reste qu’une dizaine de jours en Grèce et un peu plus de 1000km à parcourir, nous ne nous attardons pas au pied de la maison des dieux grecs. Tchao Zeus et tous les autres. Du coup, nous avons pris la route en direction de la Chalcidique, région apparemment assez sauvage de la Grèce, à l’est de Thessalonique seconde plus grande ville du pays. En cherchant un coin pour dormir, on arrive sur une plage, où nous finissons ensablés ! À plats que ce soit au sens figuré ou propre, on décidera de dormir et de s’en occuper au réveil. Avant de nous coucher nous demandons tout de même conseil à un grand voyageur et au mécano de chez Land Rover Athènes sur la technique à adopter pour éviter un déjante plus délicat à résoudre sur un pneu tubeless. Le lendemain matin, depuis tôt, on se lance dans le dégonflage des quatre pneus à 2 bars, on pellet du sable pour insérer nos plaques de désensablage et on engage les vitesses courtes. Ça a marché du premier coup ! S’en est presque amusant de se planter dans le sable tellement il est simple de s’en sortir. Un avant du goût du Sahara ! Les jours suivants, nous avons parcouru deux des trois péninsules de la région : Kassandra et Sithonia. On y a trouvé de belles plages nous permettant de nous baigner seuls dans des eaux cristallines avec les poissons, mais nos tâches quotidiennes (recherche de réseau wi-fi, rédaction d’article, bricolages, ménage…) nous ont aussi pris pas mal de temps. Deux mois sur la route viennent de s’achever, et nous sommes de plus en plus conscients que ceci n’est pas un voyage de vacances. Ah ! Et si nous n’avons pas visité la troisième péninsule (Agio Oros) de cette région, c’est pour une raison bien précise. Elle est dominée par des moines de l’Église orthodoxe, il n’y a pas de route pour y arriver (il faut y aller en bateau), et l’entrée de femmes et enfants n’est pas autorisée! En plus, concernant les hommes, seulement 100 orthodoxes non religieux et 10 non-orthodoxes peuvent y entrer par jour. Le pouvoir de l’Église orthodoxe et l’ampleur de la foi des Grecs entre clairement dans la liste de choses que je n’ai apprises sur la Grèce qu’en y venant autrement qu’en touriste!

On a finit ensablé sur la plage le soir! Le lendemain matin, on travaille ensemble pour en sortir!

Nous avons décidé de passer les derniers jours de notre séjour en Grèce dans un parc au nord-est du pays, où Thomas veut trouver une vipère bien particulière. Originaire du Proche-Orient, elle est venue « à pied » lors des dernières glaciations ayant entrainé une baisse du niveau de la mer et donc, une fermeture de la mer noire au niveau d’Istanbul. Cette vipère (vipère ottoman, Montivipera xanthina) n’est rien de moins que la vipère la plus grande et la plus dangereuse d’Europe ! J’ai accompagné Thomas dans une recherche active de ce serpent pendant trois jours en marchant sur des zones rocheuses, sèches, ou même au long d’un chemin de fer, mais comme presque toute observation animalière, c’est difficile ! Cette fois-ci nous n’avons pas eu de succès. Les lieux, les températures (on est arrivé à 30°C presque tous les jours) et le climat sec semblent idéaux pour voir des reptiles. On a d’ailleurs vu plein d’orvets géants des Balkans, et une infinité de tortues, sans oublier les lézards. Mais nous n’aurons trouvé que deux serpents, la couleuvre caspienne (Dolichophis caspus) et le serpent vers (Xerotyphlops vermicularis). Pas notre espèce cible, mais c’était cool quand même de les avoir observé ! Cette région nous a gâtés aussi avec l’observation de grands oiseaux impressionnants : on y a vu des cigognes blanches et noir, des vautours, des buses et l’aigle circaète Jean-le-blanc.

Couleuvre Caspienne (Dolichophis caspus) trouvé au nord-est de la Grèce

Nous finissons ces deux semaines en longeant la frontière turque avant de traverser la frontière Gréco-Bulgare. On dit un grand « à bientôt » à la Grèce, ce pays qui nous aura énormément plu et qui nous aura donné l’occasion d’apprendre de nombreuses choses à la fois sur son histoire, sa Nature sauvage très riche ; mais aussi sur nous et notre voyage qui ne fait que commencer ! On y reviendra un jour, très certainement !

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