Une fois partis de la Norvège (non sans regrets), nous avons passé une semaine entre le Danemark, proche de la ville de Hirtshals et l’arrivée à Seydisfjördur en Islande. La plupart de ce temps, nous sommes restés au Danemark. Nous en avons profité pour faire des courses en prévoyance (l’Islande étant le pays le plus cher de notre tour d’Europe) et travailler un peu un film documentaire sur les 3 premiers mois de voyage qui a été diffusé par la suite au cinéma de Valloire, dans les Alpes, lors de la Foire du Tout Terrain. Ensuite, nous avons embarqué dans le bateau (surtout rempli de 4×4) qui fait la traversée entre Hirtshals et l’est de l’Islande, avec un passage express par les îles Féroé. Longue attente dans une ambiance confortable, mais qui pousse beaucoup à la consommation !  On n’est pas sorti indemne. Malgré notre préparation (3 jours de nourriture avec nous), on a tout de même laissé quelques sous à bord pour passer notre temps dans le cinéma ou avec une petite boisson en mains. Imaginez simplement vous asseoir dans un café et y passer 48h sans rien consommer… c’est difficile de ne pas céder!

Puis, un petit matin brumeux, nous sommes enfin arrivés sur cette terre désolée qui nous promet tant d’exotisme et d’aventure ! Nous avons décidé de partir sur le nord-est de l’île pour commencer notre tour qui durera un peu plus d’un mois. En faisant ainsi nous espérons deux choses : éviter la foule du sud en plein mois d’août et avoir les nuits les plus longues possible sur la fin de notre voyage, en septembre, pour pouvoir tenter d’apercevoir les aurores boréales.

Observation privilégiée de macareux moines à la colonie au nord-est de l’Islande!

Premier bivouac sur une aire d’observation de macareux moines. Ces petits pingouins à tête de clown sont faciles à voir ici, car une passerelle a été construite au sein même de la colonie !  Des fulmars océaniques et autres oiseaux y sont présents aussi avec leurs bébés. Quel privilège et super occasion pour faire des photos ! Nous ne retrouverons cette opportunité nulle part ailleurs. Les observations ornithologiques se suivront les jours à venir, avec un point d’observation d’une autre colonie, sur une péninsule du bout du monde : des fous de bassan nichent sur une falaise rocheuse, en compagnie de quelques macareux et autres pingouins (torda). Cependant, il fait très froid, le vent arctique souffle fort et on ne reste pas dehors sans quelques épaisseurs, bonnets et gants. Il va falloir s’habituer vite !

Les paysages s’enchaînent : cascades Dettifoss et Godafoss, des canyons, des volcans… sans conter la zone géothermique à l’est du Lac Myvatn, où nous avons pu visiter une usine de géothermie et en apprendre plus sur l’utilisation de cette ressource renouvelable. Mais le point culminant a été atteint quand nous avons fait notre premier long trajet sur les pistes de l’intérieur. Accessible qu’aux véhicules 4×4, notre Def était chez lui. Nous avons commencé par un trajet de presque 300 km de pistes vers le Volcan Askja. Cela nous aura pris la journée entière : 13h de route! Coin bien reculé du pays, nous avons franchi des dizaines de passages de gué (le plus profond à 60 cm) pour y aller et en revenir, marché sous une pluie glaciale pour aller voir de près son cratère rempli par deux énormes lacs. Que d’aventure ! Nous y avons retrouvé l’agréable sensation d’accomplissement et isolement que nous avions connue au bout de la randonnée du Cap Nord, en Norvège.

Notre première zone géothermique, dans la région du Lac Myvatn!

Pour notre deuxième long trajet sur piste (de presque 300 km aussi) je me suis mise au volant et ai pu franchir mes premiers passages de gué ! Thomas est à côté pour me rassurer, bien sûr, et parfois pour me guider lorsque les pierres sont un peu trop grosses. Ce tour nous a amenés à la source d’eau chaude de Laugafell. Nous y avons profité de notre premier bain dans une de ces merveilles naturelles : de l’eau à 36-38°C qui jaillit de la terre, alors que dehors il faisait surement moins de 10°C !!! Impossible de vouloir sortir !

« Stay close to the rope »! Un des gués les plus difficiles à franchir! Mais le Def a géré!

Notre première semaine dans ce morceau de bout de monde se termine avec mon anniversaire fêté en grand style : nous avons passé la journée au Whale Museum à Husavik, la capitale des baleines en Islande. Petit musée avec une riche collection de squelettes de cétacés, il nous a fait entrer dans un de nos attraits majeurs pour l’Islande : les baleines. Le week-end d’après, nous profitons enfin d’un de mes meilleurs cadeaux de soutenance de thèse (reçu en décembre dernier) : un tour de bateau pour l’observation des baleines à bosse qui sont ici pour leur saison d’alimentation. Le tour en soi nous a malheureusement déçus un peu. L’Islande nous paraît encore en train d’apprendre à faire du tourisme et les bateaux trop remplis de monde qui foncent nombreux sur les baleines, en plus du manque d’un côté plus pédago/informatif montrent qu’ils ont encore beaucoup à améliorer en matière d’écotourisme. Bon, ça n’empêche que j’étais vraiment très contente de revoir ces géants que je suis habituée à voir en saison de reproduction au Brésil.

Cadeau d’anniversaire: voir de tout près un énorme squelette de baleine bleu!!

Comme pour chaque pays par où l’on passe, l’Islande a exigé des adaptations. Mais pas qu’au froid et au vent (qui ne furent d’ailleurs pas si redoutable que cela !). Ici nous avons dû nous résigner et abandonner nos bivouacs sauvages dès les premiers jours. C’est interdit et mal toléré, alors pendant que nous sommes en Islande nous irons au camping chaque soir. Enfin… parfois ce ne sont que des camping-grounds, comprendre un terrain vague boueux avec un conteneur aménagé en toilette. Ce n’était pas prévu dans notre budget… Cela change pas mal aussi le rythme de nous journées. Nous avons acheté le camping card à 150€, qui nous permet de payer uniquement la taxe de séjour à 2,70€ dans une quarantaine de campings pendant 28 jours. Cela devrait donc nous revenir à une dizaine d’euros par nuit au lieu de 20/30€. Mais cela veut dire que désormais il faut toujours planifier le point de chute du soir selon les campings qui acceptent cette modalité de paiement. On verra bien les conséquences sur le budget et les pays suivants…

On continue notre tour en passant par le nord de l’île et les fjords du nord-ouest, avant de descendre vers les régions plus touristiques au Sud. Nos premières rencontres avec les phoques ! Des observations privilégiées depuis la côte, assis sur les rochers sans bouger. Reste à savoir qui observait qui ! Et, en longeant les fjords du nord-ouest, nous avons fait de belles observations de baleines à bosse depuis la côte et nos premières sorties en convoi de deux Land Rover Defender. On a rencontré et recroisé plusieurs fois (vous savez, l’île est petite…) un couple de Luxembourgeois en Def TD4 qui faisait le tour de l’Islande dans le même sens que nous. Et vu que le courant est bien passé, pourquoi ne pas faire quelques kilomètres ensemble !? Avec eux, nous nous sommes baignés dans une piscine du bout de monde à minuit dont les eaux issues de la géothermie sont ici à 40°C. Avec eux, nous avons aussi passé une nuit seuls dans un camping gratuit au bord de la mer sauvage et fait une très belle piste en longeant des fjords : la falaise d’un côté, la mer de l’autre. Une belle rencontre, grâce au Def. Jérôme, Nadine et nos soirées avec leur chauffage au gaz vont nous manquer !

Le Def nous a donné encore une fois l’occasion de faire une belle rencontre avec un autre couple de Landistes: Jérôme et Nadine (et réaliser le rêve de Thomas de bivouaquer en partageant une bâche entre deux véhicules^^)! 🙂

Sur notre descente vers le sud, une journée exceptionnellement sans nuage nous a permis de voir un peu de l’ouest islandais. Le volcan glacier Snaefellsjökull, le volcan Eldborg et la côte avec Hellnar et les falaises d’Arnastapi. Mais malheureusement, on n’y aura ni vu les phoques, ni les sternes arctiques qui y nichent un peu plus tôt dans la saison… Ensuite, on a eu un peu du mal à profiter de la région autour de Reykyavik. Les pistes ne sont pas les plus jolies, et la présence massive des touristes plutôt mal éduqués à Pingvellir me rend impatiente. La capitale ne nous séduit pas plus. Une ville pas charmante et, de ce qu’on a vu, remplie de magasins de souvenirs où on n’aura trouvé concrètement rien d’intéressant. On a heureusement retrouvé quelques beautés de l’Islande en arrivant dans la région sud avec de belles pistes et d’incroyables zones géothermiques. Nous vous raconterons tout ça dans le prochain article ! 😉

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