Islande, pays de la géothermie. Notre premier contact avec cet aspect marquant islandais a été au nord, sur la zone géothermique de Myvatn. Mais c’est au sud que nous avons eu vraiment l’occasion de nous émerveiller avec tous ces phénomènes thermiques directement liés aux entrailles du globe terrestre situé à seulement 2km sous nos pieds.

Zone géothermale de Krisuvik. Un endroit qui bouillonne!

On a commencé par la zone géothermale de Krisuvik. Un endroit qui bouillonne. Je résumerais comme ça. On y a marché sur un sentier entouré par des fumerolles et boue chaude qui sortent de la Terre. Intéressant, mais pas si impressionnant que le reste de la journée que je vous raconte, car nous partirons ensuite voir le show assuré par les geysers du site de Geysir. On y voit la foule s’agglutiner, et nous aussi, pour assister à l’apparition de cet énorme jet d’eau bouillante qui monte jusqu’à une vingtaine de mètres ! Très touristique, ok, mais incontournable, à mon avis. Cette « journée géothermale », pour ainsi dire, se termine en grand style au bout de 80km de piste, sur le site de Hveravellir. Nom imprononçable pour un endroit vraiment dépaysant, avec toute sorte de fumerolles, mini-volcans, geysers et leurs bruits de cocotte-minute. On regardait tout ça seuls, les cheveux mouillés après un bain dans la source d’eau chaude qui y est présente : les avantages de venir en fin de journée !

Notre chute d’eau « secrète » trouvée au détour de la route

L’Islande est aussi le pays des chutes d’eau. On en a tellement vu que c’en est devenu banal ! Parfois, ces chutes sont très touristiques, ce qui fait perdre pas mal de magie aux sites. Des parkings payants, du monde devant ta photo, et la sensation de que les guides survendent certaines chutes par rapport à d’autres. Surtout quand, en sortant un peu des routes principales, on tombe sur des très belles chutes qui ne sont annoncées nulle part ! C’était le cas de la belle et violente Gluggafoss !

Depuis notre panne de la pompe à gasoil en Roumanie, notre Def ne présentait pas de problème. Presque 14 000 km après, on roulait sur les pistes de cendre noire entourées de mousse verte fluo, proche du volcan Hekla, quand, lors de notre pause déjeuner, Thomas vérifie le compartiment des batteries sous son siège. Toute la matinée, il y avait une odeur bizarre dans la voiture. Et là, on voit que notre batterie principale est bouillante, avec de l’acide qui s’échappe !! Thomas débranche tout. On reconnecte la batterie principale juste le temps de démarrer puis on débranche les fils et on les isole. Eh oui… un diesel peut tourner seul, sans batterie ! On prend ensuite la direction du premier village à 60 km de là. Un garage nous envoie encore plus loin, à Selfoss, ville par où nous étions passés 20 km en arrière. Le simple remplacement de la batterie a résout le problème, mais le rangement de nos batteries reste sûrement à revoir. Thomas y aura passé deux heures et demie pour tout remettre en place et en fonctionnement. Le soir, une mauvaise nouvelle (raconté par des gens en Def que nous avons rencontrés en Islande) nous impacte pas mal et devient le sujet de la soirée. Un couple de touristes qui essayait de traverser un gué d’une rivière en crue où même les 4×4 préparés rencontraient des difficultés (eau jusqu’aux chevilles prise de dévers à cause du courant…etc.). Or ils étaient en citadine… une voiture pas du tout faite pour ça. Ils ont, bien sûr, détruit la voiture au milieu de l’eau et ont décidé d’en sortir pour atteindre la rive. Malheureusement, si l’homme y est parvenu, sa femme fut emportée et tuée par les eaux glaciales. Cela nous fait réfléchir sur les dangers de l’eau froide et surtout à nos prochaines traversées de gué, même avec une voiture adaptée. À partir de ce jour, nous raconterons cette histoire à tous les touristes en citadine ou SUV qui se baladent sur des pistes qui leur sont pourtant interdites.

Le mix de couleurs qui rend l’Islande très photogénique: le blanc de la neige, la mousse verte fluo et la terre de cendres noires

On reprend le programme qui avait été interrompu la veille par le problème de batterie : aller au site de Landmanalaugar, un endroit magique à l’intérieur du pays. Le Soleil est avec nous cette fois-ci ! C’est dans ce paysage multicolore de montagnes vertes fluo, rouges de magmas rhyolitique et blancs de neige, en plus des roches nues, que nous nous sommes baignés dans notre quatrième source d’eau chaude. Au retour vers 19:00, on décide de prendre une piste secondaire qui s’approche du glacier pour faire le retour au camping. Mais quelque chose me dit que ce n’est pas une bonne idée… Bien sûr que l’accident de la veille reste dans mon esprit et l’on sait que cette piste aura plusieurs gués à franchir. Thomas me rassure en disant qu’au pire on rebroussera chemin. Le premier passage de gué arrive vite et il a l’air compliqué. On descend avant le passage pour regarder tous les deux. On hésite… on voit que la rivière est un peu profonde à gauche, avec des gros cailloux, et plus loin à droite on ne voit pas grand-chose. Thomas analyse le dessin formé par le cours d’eau et se sent confiant pour faire la traversée. Pendant le passage, l’eau monte jusqu’au milieu de la porte, quelque chose ne va pas… Puis on touche un caillou, ça secoue énormément. Puis on bascule de l’autre côté ! Ce n’est pas une rivière de galet cette fois-ci mais une coulée de lave recouverte d’eau ! Rien d’autre à faire, il faut continuer, avancer et sortir de là. De l’autre côté, on voit une grosse tache couleur pétrole couler avec l’eau de sous la voiture… On a peur. Avons-nous percé quelque chose ? Il vaut mieux oublier cette piste et faire demi-tour temps qu’on a de l’huile pour pouvoir rentrer à pied si besoin. On repasse plus lentement. Ça secoue moins et surtout, à la sortie il n’y a pas d’huile au sol ! Ouf, ce n’était qu’un rinçage des corps gras du Def.  On préfère être prudents et éviter des gros problèmes, alors on repart par la piste principale.

Après ces 325 km de piste, on a besoin de repos et du temps au camping pour vérifier des petits soucis dans le Def. La courroie d’alternateur que l’on remplace, le capot qui a un problème dans le système de fermeture… Tous les jours quelque chose avec le Def. Cela devient une habitude après ces six mois de voyage. On va aussi dans les prochains jours calmer un peu notre rythme. Nous avons déjà explosé le nombre de kilomètres et le budget transport prévus pour l’Islande. On fera des balades pas loin de la route n° 01 (la seule nationale, celle qui fait le tour du pays), comme les falaises de Dyrholaey ou le célèbre avion abandonné sur la plage de cendres noires.

Les célèbres plages de cendres noir du sud de l’Islande

Juste une dernière piste ! Sous un ciel bleu rare et un thermomètre grimpant jusqu’à 15°C, nous sommes allés voir le Laki. Cette région est connue pour la présence de centaines de cratères qui au 18ème siècle tuèrent 20% de la population islandaise lors d’une éruption qui a duré près d’un an. Paysage magnifique. De nouveau sur la route n° 01 en direction de l’est, on s’approche du Vatnajökull (le plus grand glacier d’Europe) pour l’observation de ce qui m’impressionne le plus et qui m’est le plus exotique dans les pays du Nord. Que c’est fascinant de voir de près ce corps persistant de glace dense qui se déplace constamment sous son propre poids. Je ne vais jamais oublier le bruit que ça fait quand une partie de la glace se sépare du reste ! Pour finir l’émerveillement, on arrive au coucher de Soleil pour voir une des plus rares beautés islandaises : le lac Jokulsarlon. Formé il y a moins de cinquante ans par la fonte du glacier, il est bleu, calme, rempli d’icebergs et de phoques. Paysage de rêve. Le lendemain, on se réveille sur la plage de sable noir qui reçoit les blocs de glace qui dérivent de la lagune. Les phoques y sont aussi nombreux.

Jokulsarlon: Dépaysant et d’une rare beauté.

Puis c’est le début de notre longue et monotone route vers les fjords de l’Est. On y attendra le jour du départ du ferry de retour au Danemark, en sautant de camping en camping. Thomas ferra quand même un peu de pêche (nous avons un cabillaud !), et l’on aura l’occasion de voir des marsouins depuis la côte et… un renard arctique ! Rencontre inattendue et pas exactement comme on a rêvé, puisque c’était un bébé renard récupéré par des chasseurs, très habitué à la présence humaine. N’empêche que mon cœur a complètement fondu en le voyant jouer avec la chienne du propriétaire des lieux.

Et c’est fini l’Islande pour nous. Nous sommes à la fois contents d’être venus et impatients de rentrer au continent. On vous racontera en deux prochains articles le bilan de nos points de vue sur ce pays qui inspire tant d’aventure, mais qui devient très (trop) touristique. À suivre ! 😉

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