Voilà! Nous avons passé le cap des deux mois sur la route. L’Albanie a été dure avec sa météo peu clémente, mais la Grèce a été riche en observations animalières et en soleil. Aujourd’hui on entre en Roumanie et on s’habitue à peine à notre nouvelle vie de digital nomade.

Les choses les plus notables durant ces deux mois résident dans le fait que voyager n’est pas être en vacances. Au-delà de l’aspect du travail sur la route qui n’est pas le choix de tous, vivre sur la route est synonyme de réflexion constante pour gérer et organiser sa vie. Là où le vacancier se délectera de deux à trois semaines en dehors de son quotidien, le voyageur devra se créer un nouveau quotidien sur la route. Un quotidien difficile à appréhender et à adopter tellement il diffère de la vie sédentaire. Quelques exemples?

Pour le travail de nomade digital, les Vlogs prennent 1h de boulot pour 1 min de vidéo. On galère souvent à trouver du temps sur le WiFi sans dépenser 10/20€ au café. On essaie de tenir le rythme d’une belle photo par jour ce qui demande d’y penser tout au long de la journée en plus de quelques dizaines de minutes de tri et développement des photos brutes dans la soirée. On doit également tenir à jour l’entreprise de photographie de Thomas, 3 réseaux sociaux, une mail liste et un site web ; sans oublier de faire des sauvegardes de nos photos, ébauches d’articles et scripts de vidéo. Une belle liste hein 🙂 Ah, et il faut aussi donner des nouvelles à nos familles et amis, et en prendre des leurs! On est loin, mais on ne veut pas disparaître! Malgré tout cela chaque jour on rajoute quelques choses : par exemple, les Vlogs étant trop improvisés ; on planifie de faire 3 films d’une bonne heure sur notre voyage autour de l’Europe afin de les présenter plus tard aux différents rassemblements : Balkans/Roumanie, Scandinavie/Islande et Péninsule Ibérique. Des films plus travaillés à l’image de ce que l’on peut produire lorsque l’on prend le temps comme pour notre documentaire tourné au Brésil cet hiver au sujet du maître de la brousse.

Pour les réparations et bricolages, il y en a eu plusieurs : on a changé l’embrayage et le volant moteur pour 2800€, on a re-réglé les articulations du toit qui s’étaient désalignées, on modifie notre aménagement, on a changé la boite à air, on a fait faire un équilibrage des pneus, on répare les fuites d’eau…et chaque jour sa bricole. Un bouton de pantalon qui s’accroche quelque part, une tache de graisse à nettoyer, un entretien des freins, un lavage de la voiture pour éviter que la boue n’entraîne de la rouille du châssis. Et tous les 10 000 km, un nettoyage/changement des filtres à air, à huile et à gazoile et le contrôle et/ou la vidange des 5 huiles (moteur, boite de vitesse, boite de transfert, pont avant et pont arrière) plus divers graissages réguliers. Maintenant on doit changer les silentblocs de barre Panhard et surtout penser à bien étanchéifier notre toile avant les pays froids et humides du Nord!

Enfin, on découvre les contraintes de la gestion de réserves. 80L d’eau, 3kg de gaz, 5Go d’internet par mois et une batterie 100 ampères ne nous offrent que peu d’autonomie : une douche ou une vaisselle? 1 à 1,5 L. Laver les cheveux? 10L pour deux. Une lessive? 40L. Alors on se met à se laver au gant, en rivière ou à la plage. On va faire la lessive à la moindre source d’eau ou station-service et on va même parfois faire notre vaisselle à la mer pour n’avoir qu’à la rincer. De plus, laver à l’eau froide avec des produits 100% biodégradables graisse plus notre éponge qu’autre chose, mais faire chauffer de l’eau signifierait consommer du gaz… Pour économiser ce dernier, nous avons donc limité l’utilisation d’eau chaude et abandonné les pâtes classiques, le riz à l’eau ou les patates! Vive le vermicelle 3 minutes, le riz risotto et la semoule! D’ailleurs on pense à acheter une bouilloire 12V pour ne plus du tout chauffer d’eau au gaz. En électricité nous n’avons que 24h d’autonomie donc on allume le moteur chaque jour 30/60 minutes minimum. Merci Land Rover de monter un gros alternateur dans son légendaire 4×4. Une voiture classique aurait besoin de près de 1h30/2h et croyez-nous, allumer sa voiture pour juste charger la batterie c’est pénible. Autant que ça dure le moins longtemps que possible. En fait on le démarre sur place comme un groupe électrogène. Pour éviter cela au maximum, on remplit notre frigo de liquides uniquement avant plusieurs heures de route et on charge l’ordi lorsqu’il est éteint. On éteint aussi le téléphone la nuit! Tout ça pour garder nos précieux ampères d’électricité quelques heures de plus. Pour internet on a fini par changer de forfait pour avoir 30 Go par mois ce qui devrait nous permettre de travailler depuis la voiture sans avoir besoin du WiFi d’un café ou d’un restaurant. Les 35€ mensuels du forfait Orange seront vite rentabilisés. Ils nous offrent la possibilité de travailler depuis la voiture sans que de nombreuses personnes ne viennent nous interrompre en plein travail. Donc moins de stress et plus de plaisir lorsque l’on décide de se payer un petit café.

Tout ceci nous offre de belles leçons sur l’importance des ressources dont l’utilisation est banale dans une maison classique, et comment nous vivrons au retour du voyage. Ces leçons prendront d’autant plus de sens si l’on souhaite une maison/Tiny house autonome et le plus écologique possible! Bien sûr, les idées et l’envie de réaménager un véhicule se bousculent dans nos têtes (surtout chez Thomas). Le frigo, avons-nous vraiment besoin de cela!? Ça consomme beaucoup dans les pays chauds et c’est inutile dans les pays froids. Le chauffage, un confort que nous devrons nous résoudre à nous offrir absolument pour un pays nordique quitte à perdre l’équivalent d’un mois de voyage? Et nous arrêterons de chipoter pour quelques euros lors de la préparation ! Il faut prendre des produits haut de gamme, cela nous apparaît inévitable. Ça nous évitera les heures de réflexions en cours de voyage pour améliorer une situation pas assez confortable telle qu’une mauvaise isolation, beaucoup d’humidité, pas assez d’électricité, ou encore un manque d’étanchéité ou de fiabilité d’un véhicule ! « Le bon marché fini (peut finir) par coûter  (très) cher » une expression qui prend beaucoup de sens en voyage, surtout pour ceux qui vont loin… très loin.

À côté de cela, toute lecture devient un véritable salut même pour ceux qui n’en ont pas l’habitude. C’est véritablement une fenêtre sur un monde vaste. Malgré notre jardin immense, se partager 2m² devient vite oppressant. On se bouscule, on se gêne, on fait tomber des choses, on laisse traîner des trucs. La lecture permet-elle de n’occuper qu’un quart de m² tout en ne pensant plus à l’espace réduit. Ainsi on peut laisser l’autre profiter du reste de la voiture. Un autre moyen de profiter dans ce petit espace est de manger des choses simples. Ainsi les apéros dînatoires et/ou repas frugaux se multiplient le soir nous laissant la possibilité de discuter de ces sujets et de vous offrir aujourd’hui notre réflexion pour améliorer nos voyages!

En espérant t’avoir donné envie de réfléchir à tout cela et peut être toi aussi te lancer dans l’aventure, il ne faut pas oublier que toutes ces contraintes du quotidien d’un voyageur s’oublient vites lorsque les souvenirs reviennent ! Le négatif part et le positif reste et c’est ce qui compte. Lorsque nous y repensons, tous ces moments créent des souvenirs communs que nous vivons à deux, et à deux seulement. Si le sédentaire a du mal à comprendre le voyageur, aucun voyageur ne comprendra totalement un autre voyageur. Chacun vit son propre voyage mais tous, lorsque nous regardons nos photos, repartons en un instant vers ces moments de plaisir, de peur, de joie et de tristesse avec les mêmes mots à la bouche : On repart quand !?

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