C’est par un beau matin que nous commençons nos aventures en Norvège. La route qui mène au Cap Nord présente de nombreuses aires de stationnement équipées de toilettes que l’on apprécie beaucoup, car nous sommes loin d’être seuls sur ces emplacements. D’ailleurs, le car de touriste qui se gare à deux pas de nous, dont les clients prennent la pose devant le Def et nous regardent comme des éléments du décor nous le rappelle rapidement : il va désormais falloir partager nos aventures avec des centaines d’autres personnes autour de nous.

La contemplation du faux Cap Nord, fiers d’avoir réussi la rando de 18 km pour atteindre le vrai point le plus septentrional d’Europe!

Bon, il fait beau et apparemment c’est une chance dans ce pays réputé si froid et humide. Notre projet de voyage a débuté sous le nom « Les quatre coins de l’Europe », et je savais que celui-ci serait le plus difficile pour moi. Frileuse et pas vraiment résistante face aux efforts à faire pour supporter le froid (surtout lorsque j’ai l’impression d’étouffer sous les couches de vêtements), je ne pouvais pas reculer devant l’occasion de connaître le point le plus septentrional d’Europe ! Nous refusons de payer 320 NOK (soit 32€) pour visiter le site officiel du cap Nord. Qui plus est, il ne correspond pas au point le plus septentrional d’Europe. Le vrai Cap Nord est le Knivskjellodden (tu m’étonnes qu’il soit moins connu que son voisin…). Il ne peut être atteint que par un sentier de 18 km aller-retour à travers les paysages nus et battus par les vents de cette région. Le défi nous paraît assez important. Premièrement, car de toutes les randos que nous avions déjà faites, c’était la plus longue ! D’habitude, nous ne dépassons pas les 8km. Deuxièmement, parce que nous sommes en zone arctique. Même s’il fait assez beau maintenant, il faut partir bien équipé pour le froid, car la météo peut rapidement changer. Nous partons, alors, en début d’après-midi, très motivés, car nous savons que la nuit ne nous rattrapera pas, et qu’il fera de toute façon plus chaud ce soir que les jours suivants!

Le musée polaire à Tromso nous aura marqué par les infos surprenantes sur les expéditions de chasse et scientifiques au Grand Nord

Le sentier n’est pas repérable facilement. Dès le début, nous le perdons et avançons à l’instinct jusqu’à retrouver le balisage. L’occasion de voir des pluviers dorés, des rennes et des labres (?). De la boue noire, du terrain spongieux, des traversées de ruisseaux, dans un paysage de grandiose. Sur le dernier kilomètre, la marche se complique, s’inclinant et devenant de plus en plus glissante. Thomas finira sur les fesses deux fois et manquera de glisser dans une petite crevasse ! Ouf, plus de peur que de mal. Ce n’est pas le moment de se casser une cheville ou une jambe ! Les derniers mètres semblent interminables. Il est où, ce vrai cap nord qui n’arrive jamais ? Et quand on commence à avoir marre de faire attention à ne pas glisser, le point si attendu arrive ! Belle vue sur la falaise du « faux » cap Nord, et un vent glacial se met à souffler sur nos visages. Mais qu’importe ! On a pu signer le livret de visiteurs rangé dans une espèce de coffre, avec de grands sourires sur nos visages. Nous y sommes ! Maintenant, nous nous en rendons compte, nous prendrons la direction du sud jusqu’à arriver à Gibraltar. Au retour, difficulté pour les montées, le mal aux jambes qui commençait à apparaître. On arrive à la voiture après 7h30 de rando, fatigués et ravis.

La Norvège et ses superbes paysages. On n’est jamais ennuyé par les routes de ce pays! Sur la photo, l’île de Senja.

Les jours suivants en Norvège ont été un peu plus éprouvants. Le soleil et ses quelques degrés supplémentaires ont laissé place aux nuages, au vent, à la pluie et au froid. Dure adaptation à ce climat arctique, spécialement pour moi, plus frileuse que Thomas. On descendra jusqu’à 5°C avec une température ressentie de 3°C seulement. La nuit, nous nous emmitouflons dans nos sacs de couchage, sous la couette et fermons le toit pour conserver un maximum de chaleur. La journée, il est difficile de tenir plus de quelques heures sans le précieux chauffage du moteur. Alors on roule. On roule beaucoup. Faire 300 à 500 km dans la journée devient la norme. Pour faire le linge, on est obligé d’aller aux campings et de patienter 3 à 5 h selon la quantité et/ou l’affluence. Les douches se raréfient à deux par semaine. Enfin on commence à bien se rendre compte du coût de la vie en Norvège : 200€ de courses par semaine, 40€ pour un fast-food ou un petit déjeuner en bar, 40€ pour visiter un musée, le gasoil à 1,55€ en moyenne. Mais ce qui compense tout cela c’est la beauté presque indescriptible du paysage. Il n’y a pas de routes moches dans ce pays ! On est émerveillé de passer par tant de fjords allant de la montagne enneigée à la mer en seulement quelques centaines de mètres. Les tunnels sous les montagnes sont nombreux et à chaque sortie on se demande quel sera le paysage en face de nous.

Maison typiquement norvégienne à l’île de Senja, en bois peint en rouge sous un toit vert.

Parmi les autres arrêts marquants de nos deux premières semaines en Norvège, il y aura Oliver, un motard berlinois expatrié en Norvège à Tromso et rencontré en Finlande à Inari qui nous a gentiment proposé son jardin pour qu’on y passe la nuit. Grâce à lui, nous avons vu Tromso qui n’était pas prévu et surtout le Polar Museet ! Un musée retraçant l’histoire des expéditions polaires qu’elles soient pour la chasse (ours, morse, phoque, renard, oiseaux divers, rennes, baleine…) ou pour l’exploration à l’image de l’expédition du Fram par Nansen. Partis à une douzaine sur un bateau construit pour l’occasion, ils se sont volontairement laissés prendre dans les glaces de l’arctique pour dériver durant 3 ans en espérant passer par le pôle Nord, jamais encore atteint ! Comme si ce n’était pas déjà assez impressionnant de vivre 3 ans sur la banquise, il se trouve que le bateau ne passait pas assez au Nord pour Nansen. Il a alors décidé de partir avec trois traîneaux et un autre membre de l’équipage pour 3 mois de marche vers le point le plus au Nord que possible. Mais la marche fut plus compliquée que prévue et dura… dura… Les chiens les plus faibles étaient abattus pour nourrir les chiens les plus forts. Mais la marche s’est tellement éternisée que l’hiver polaire arriva avec ses -40°C. Ils finirent par hiverner dans une cabane construite en pierre. Puis, à la fin de l’hiver et après deux ou trois occasions de mourir (tantôt attaqué par un ours, tantôt parce qu’ils ont plongé dans l’océan pour rattraper leurs canoës indispensables à leur survie qui avaient pris le large sans eux), ils parvinrent enfin à trouver un navire. Ils avaient gagné 10 et 6 kg ! Ils passent un hiver polaire dans une cabane à manger des ours et des morses et ils prennent du poids ! Quelques jours plus tard, ils retrouvèrent leur bateau et le reste de l’équipage à Tromso. Toute cette histoire m’a fait pas mal relativiser les conditions de « froid » ou « manque de confort » que l’on vit en ce moment. Ce n’est rien de tout comparé à ce qu’ils ont vécu !

Même si nous ne voyons pas la nuit depuis environ 1 mois, cette première « nuit » aux îles Lofoten nous a permis de voir le soleil de minuit par la première fois!

Puis on ira aux îles Lofoten après un court passage par l’île de Senja. Petit à petit le ciel se découvre pour finalement avoir quelques journées de plein soleil à au moins 20°C (Wouhou) ! Musée Viking avec la plus grande maison viking jamais trouvée au monde, du lancer de hache, tir à l’arc, un tour en drakkar, un peu de barque sur un lac, un peu de pêche et de nombreux feux de camp plus tard, nous quittons les régions du Finnmark et du Nord pour passer les deux prochaines semaines dans le centre, l’Est, l’Ouest et le Sud. On espère plus de soleil et surtout, c’est maintenant que la majorité des fjords s’offrent à nous !

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