Deux biologistes partant à la découverte du monde en Land Rover Defender… Mais les 4×4 ne sont pas « des gros pollueurs »? Quel paradoxe ! Nous vous invitons donc aujourd’hui à découvrir comment l’achat d’un 4×4 s’est présenté à nous comme le moyen incontournable de voyager et comment, jour après jour, il nous permet de penser à notre empreinte écologique sur la planète!

Le contexte

C’est dans notre passion de la nature que nous avons développé notre envie de découverte de la biodiversité. Nous avons toujours évolué dans un milieu prônant le respect de l’environnement et le développement durable au quotidien. Autant dire que lorsque nous avons mis en place notre projet de tour d’Europe en 4×4 nous avons dut faire face à de nombreuses interrogations et incompréhensions.  Aujourd’hui cela fait 2 ans que notre projet est né. Deux années qui nous auront permis de forger notre réflexion et d’affirmer que l’achat de notre 4×4 nous aura rendu plus écoresponsables ! Désormais nous voulons vous proposer cette réflexion autour de ce qui semble, à priori, être un paradoxe.

Le 4×4 un véhicule polluant?

Démêlons le vrai du faux

Si les 4×4 ont si mauvaise réputation c’est parce que leur consommation de carburant est bien souvent beaucoup plus élevée que la moyenne ! Bien sûr il faut plus de carburant pour mettre en mouvement ces 4 roues, et surtout il faut pouvoir déplacer autant de poids ! En 2014 le site l’Argus présentait une voiture neuve moyenne en France pesant 1,2 tonnes avec une consommation de 4,6 l/100km (lien). En face, un 4×4 pèse entre 2 et 4 tonnes selon qu’il soit vide ou (sur)chargé et consomme en moyenne 9 à 12 l/100km. Et oui… Premier préjugé démoli car on est finalement assez proche de la consommation d’un fourgon ou un camping-car (données de particuliers ici) ! Exit les prédictions de consommation moyenne de 20L/100km dignes d’un Hummer ou d’un petit poids lourd 4X4! Mais allons plus loin que le simple argument de consommation de carburant car l’empreinte écologique d’une voiture ne se mesure pas qu’à cela. Il faut également inclure dans ce calcul sa durée de vie et la qualité écologique des matériaux utilisés. En 2014 et 2013, selon la SOFRES (Société Française d’Études et de Sondages), l’âge moyen des véhicules en circulation était de 8,5 ans pour un kilométrage de seulement 104 000km. Et bien, choisir un 4×4 c’est souvent choisir un véhicule robuste qui roulera bien plus longtemps. Dans notre cas nous avons un véhicule de 16 ans qui atteindra bientôt les 250 000 km soit deux fois l’âge moyen des véhicules actuels! Malheureusement nous n’avons pas l’espérance de vie des véhicules actuels mais il semble fort probable qu’il soit bien inférieur à celui des 4×4 du siècle dernier. Pas convaincu ? Les vieilles voitures ne sont pas écolo selon vous ? Voici un article de presse (PDF) qui résume une étude américaine sur la qualité environnementale des automobiles en prenant en compte l’ensemble de la chaine, de la création à la destruction du véhicule! Et bien nous pouvons vous dire que la 3ème place est occupée par un 4×4 issu du débarquement de Normandie en 1942, la Jeep Wrangler!

Le Defender que nous avons choisi fut produit majoritairement dans les années 80 par Land Rover. Cette voiture a été développée à partir des « Land Rover Series » produits depuis 1948. Il bénéficie ainsi de la robustesse de ces aïeul ce qui lui permet d’atteindre bien régulièrement les 300 ou 400 000 km. C’est d’ailleurs à ce moment que l’on aime à dire que le rodage est terminé ! Et nous ne parlons même pas des changements de moteurs qui permettent aux châssis et caisses d’aller bien plus loin ! En plus de ces performances impressionnantes, il faut en effet savoir que les 4×4 sont souvent aimés par leurs propriétaires plus que nécessaire ! Ils n’hésitent donc pas à faire des réparations couteuses plutôt que de changer de voiture. Changer de nouveau un embrayage, une boîte de vitesse, refaire un moteur ou encore changer un châssis à près de 4 000 €/pièce n’est pas un acte isolé! Enfin, les matériaux utilisés historiquement pour construire un Defender sont principalement des matériaux « nobles » et recyclables comme le bois, l’aluminium (pour la carrosserie, certaines pièces du moteur et de la transmission) et l’acier  (pour le châssis et les ponts). Ainsi le plastique, très utilisé dans les voitures modernes, n’est présent qu’aux endroits non vitaux des Defenders, le lithium est totalement absent et l’électronique et est maintenue à son minimum pour pouvoir répondre aux normes anti-pollution année après année.

Là où une voiture moderne l’est plus par son esthétique et ses options que par sa qualité, le design intemporel du Defender, la simplicité de sa mécanique et la robustesse de sa construction lui permettent de ne pas passer de mode, d’être plus mieux entretenu et de survivre au méfaits du temps. Ceci lui a d’ailleurs valu la réputation de souvent être malade sans jamais être mort et il se dit même qu’à ce jour 70 % des Defender fabriquées sont encore en circulation !

Mode de vie durant le voyage

vs

Mode de vie à la maison

Si on peut discuter de la qualité écologique de tel ou tel modèle de voiture, il est nécessaire de parler de son utilisation pour pouvoir vraiment comprendre en quoi l’utilisation d’un 4×4 nous a rendu plus écoresponsables.

Son utilisation direct d’abord : Pourquoi ne pas avoir choisi un fourgon classique qui offre plus d’espace et une consommation un peu plus faible ? Un 4×4 nous donne beaucoup plus d’option qu’un fourgon classique. Un véhicule 4×4 permet d’explorer des pistes sans stress là où il serait difficile de passer avec un véhicule à seulement 2 roues motrices notamment pour rechercher les bivouacs. Bien que nous allions voyager en Europe, il ne faut pas oublier que nous cherchons les lieux les plus naturels et isolés. Ces derniers ont bien souvent tendance à se trouver dans les zones où les routes se résument à un chemin de terre cabossé et où seul un 4×4 peut nous y emmener sereinement. Enfin il faut dire que l’Islande et la Roumanie sont des patries de la piste! Impossible d’y circuler en dehors des axes principaux avec un véhicule classique. Nous avons donc pris un 4×4 dont le plus gros défaut est sa consommation. Bien qu’elle soit moins importante que ce que l’on peut penser à priori, elle reste deux fois plus élevée que la consommation moyenne actuelle ce qui nous a poussé à 1) réduire le nombre de km parcourus par année, passant de 25/30 000 km en citadine à 10 000 seulement en 4×4 ainsi qu’à 2) adopter une conduite limitant notre consommation et l’usure du véhicule et de ses éléments périphériques (100km/h maxi, accélération longue et douce et beaucoup d’anticipation). Si notre utilisation du véhicule se fait de plus en plus légère, c’est avant tout la vie nomade et en autonomie de notre voyage qui nous a vraiment poussé à modifier nos comportements.

Vivre a 100% dans son véhicule induit plusieurs modifications drastiques de notre impact environnemental. Électricité, eau, chauffage, gestion des déchets et des eaux usées… Autant d’aspects de nos vies que nous négligions au quotidien avant de planifier notre tour d’Europe! Premièrement, la totalité de notre énergie électrique sera fournie par l’alternateur de la voiture lorsque nous roulerons. Cette énergie électrique sera soit stockée dans les deux batteries de la voiture, soit directement utilisée pour la charge de nos appareils (appareil photo, ordinateur, téléphone, talkie-walkie, piles rechargeables). Lors de notre voyage nous n’aurons donc pas recours à l’énergie produite par les industries nucléaire, hydroélectrique ou charbonnière car nous optimiserons notre consommation de gasoil pour produire du mouvement, de l’électricité, du chauffage et de l’eau chaude. Nous avons également fait le choix de ne pas utiliser de chauffage secondaire au bivouac (fonctionnant au gazoil pour la plupart) auquel nous avons préféré des sacs de couchage performants permettant de dormir confortablement jusqu’à 0°C sans dépense de ressources supplémentaires. Concernant la consommation d’eau, la vie itinérante réclame un changement profond de nos habitudes. Les chiffres officiels sont affolants : 120 litres d’eau potable sont consommés en moyenne par jour et par personne en France chez les particuliers ! En voyage nous allons devoir optimiser notre consommation pour nous contenter d’un réservoir de 80 litres. Alors comment faire !? Premièrement il faut définir les volumes quotidiens individuels : 2,5L de boisson, 1L pour se laver, 1L pour la cuisine et 1L de surplus. Nous devrons donc réduire notre consommation de 90-95%. Pour réaliser ce tour de force il faut absolument avoir recours à quelques astuces. La première question que l’on se pose est celle de l’hygiène. Si nous ne prévoyons qu’un seul litre d’eau quotidienne pour se laver il faut penser qu’il est tout à fait concevable de se laver en rivière ou en mer puis de simplement se rincer avec de l’eau claire et chauffée sur le moteur. Ensuite il faut absolument définir une catégorie d’eau qui n’existe pas dans nos maisons : les eaux grises. Les eaux grises sont les eaux utilisées mais qui ne sont pas insalubres. En voyage il s’agit surtout des eaux de cuisson que nous réservons pour laver notre vaisselle, mais à la maison il s’agit de toute l’eau qui s’écoule d’un évier ou d’une douche et qui pourrait être réutilisée pour alimenter les WC par exemple (voir ici).

Enfin, d’autres comportements deviennent rapidement évidents lorsque l’on parle de vivre dans la nature et/ou d’adopter un mode de vie plus écoresponsable : l’utilisation de produits biodégradables uniquement et la réduction de notre production de déchets non organiques. Nous ne saurons jamais vraiment quand nous trouverons une ville pour nous séparer de nos déchets et nous manquons d’espace. Hors de question dans ce cas d’avoir un réservoir d’eau sale ou de s’encombrer avec une grande poubelle ! Enfin, riches de ces réflexions, la consommation de produits locaux devient une évidence permettant de limiter la pollution dut au transport ainsi que d’éviter les emballages superflus!

Conclusion

Si c’est ce que l’on s’imagine à priori, le voyage en autonomie en 4×4 n’est donc pas synonyme de pollution massive. Bien au contraire, faire ce choix de voyage nous a permis de nous poser de nombreuses questions, et surtout de réfléchir à un niveau général. Si la production de CO2 direct est plus importante, il ne faut pas oublier qu’un voyage classique (sac à dos + avion + alimentation industrielle) est très loin d’être libre d’émission polluante ! Le 4×4, les voyages et les réflexions associées nous ont permis de développer une vision écoresponsable, à nous éduquer à la gestion raisonnable des ressources et à prêter attention à la philosophie minimaliste dont l’idée principale est la réduction de notre consommation et l’exclusion de toute surabondance de biens (vêtements, chaussures, gadgets, outils). Finalement, toutes ces réflexions aurons modifié en profondeur nos actions au quotidien.

Alors… avoir un 4×4 nous a t’il rendu plus écoresponsables ?

Nous sommes toujours à la recherche des meilleures options pour améliorer encore plus nos habitudes. Si vous avez d’autres astuces, elles seront toujours les bienvenues !

Pour aller plus loin:

Wow ! Ça doit polluer un max !!!

ECO-ECO-ECO…

Mais un 4×4 c’est pas écloSalvar

Salvar

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