Qu’est-ce qu’on fout ici! C’est vrai… Pourquoi on voyage, pourquoi on en est arrivé à vivre dans cette voiture? Encore une nuit pourrie par les moustiques. La pire depuis le début du voyage. Mais il n’a pas que ça. Il y a aussi la fatigue de 2500km faits en une semaine seulement après une panne et beaucoup d’avions! Alors aujourd’hui le doute est là et la décision tout arrêter plane au-dessus de nous. Ce ne sera pas un article cool, pas un vlog sympa, mais bien un billet de mauvaise humeur pour aujourd’hui !

Hier nous avons passé 2h à chercher un bivouac pour finalement venir dormir au milieu des camping-cars sur le premier parking que nous avions repéré. 2h de perdues alors que le temps nous manque. J’ai du retard sur mon boulot, nous n’avançons quasi plus la communication d’Aurore d’Aventures et nous roulons bien plus que nous ne profitons. Ce n’est pas ça le voyage que nous avions rêvé. Nous voulions de l’aventure, vivre la difficulté de routes cassées, la joie des paysages à l’aurore sur un bivouac en bord de piste, se baigner, pêcher et manger notre poisson, profiter tout en transformant l’expérience en inspiration pour les autres. Je voulais montrer que la vie alternative, ça existe. Personne n’aime parler négativement ou entendre les complaintes des autres, mais l’image qu’on nous vend de la van-life est un mensonge! On est dans les ennuis 90% du temps. Certains verront les 10% restants comme une motivation suffisante pour continuer. Moi je suis à la frontière de ce que je peux supporter.

Pourquoi sacrifier autant d’espace et de confort avec un 4×4 si c’est pour dormir sur des parkings pleins de moustiques ?!

Le moral va et vient, mais ce qui me fait peur c’est qu’il descend de plus en plus bas à chaque fois. Cette nuit nous avons parlé de quitter la Finlande après seulement 5 jours ici. Ce pays formidable est totalement gâché par les moustiques, notre besoin de changer nos habitudes de cuisine et la fatigue qui s’accumule! Nous ne voyons plus la nuit depuis quelques jours ce qui n’aide pas à récupérer de notre fatigue et c’est censé continuer pour au moins encore 1 mois… Et le problème des moustiques va empirer à chaque km de remontée vers le nord. Hier nous disions à d’autres voyageurs en van que nous trouvions cette vie difficile. Ils ont retenu un rire ou un commentaire déplacé. Cherche-t-on un confort inatteignable ? Peut-être que je ne suis pas fait pour ce voyage. C’est usant. Je suis usé. J’ai besoin de sommeil, de douche et de satisfaction! Alors je pousse un coup de gueule a la dictature du bonheur et a tous ces « la van-life c’est un plaisir de chaque instant ». Non! Le quotidien, les repères, les habitudes! Ça, ça libère du temps pour vivre, prendre un apéro avec les copains, aller au ciné, se faire une plage ou encore juste consommer pour se faire du bien au moral. Lorsqu’on vit en nomade sur du long terme (bientôt 4 mois pour nous), il faut toujours tout recommencer. Trouver un supermarché, un garage ou organiser une activité finit par occuper toute une journée et on ne parvient même pas à se libérer des heures de plaisir dans la journée. Vous voulez le bilan honnête de nos 5 jours de Finlande?

  • Jour 1, levés à 3h30 après une soirée de boulot pour moi, on prend le ferry, on arrive et on roule 40km avant de se rendre compte que l’entrée du parc n’est pas là où le GPS l’indique. On refait encore 40km et on arrive sur un parking. Aprem rando cool, le plaisir est là. On revient à la voiture et forcément un camping-car s’est installé. Pas de douche possible donc, car il y a du monde. Alice pourra tout de même se laver les cheveux. Ah oui, mais le shampoing 100% naturelle, ça ne lave pas vraiment en fait! Surtout avec juste 5L d’eau froide!
  • Jour 2, on roule vers le parc suivant, mais on se rend compte qu’on n’a plus de gaz pour cuisiner. Bien sûr, la marque de notre bouteille n’est pas distribuée en Finlande/Norvège/Islande, mais elle l’est en Estonie… le pays que l’on vient de quitter il y a moins de 48h… Alors on passe la journée à chercher une solution. On finira par acheter un réchaud international (norme EN417) qui coûte dans les 4€ pour 230g (soit 10 jours d’utilisation, alors que notre bouteille de 2,75 kg aurait pu être rechargée pour 20€), un mini réchaud à bois pour éviter d’utiliser le gaz et temps qu’à être arrêté, autant faire des courses. On déjeune un repas rapide réchauffé sur le parking de Lidl, mais un russe nous interrompt sans aucune gêne pour nous parler. Du coup je mange froid après Alice… On roule et on arrive encore sur un parking en bord de grande route, devant un lac. Y’a des moustiques et un camping-car. On dormira bien pour une fois.
  • Jour 3, on passe notre temps à chercher à organiser une sortie pour voir les très rares phoques annelés du Saimaa. On cherche un meilleur bivouac pendant 2h, on manque de bloquer la voiture ou casser quelque chose en se posant sur un caillou et on revient au bivouac de la veille. Alice commence le montage du Vlog de la semaine. On fait un super feu pour notre repas, mais on ne se pose pas vraiment pour en profiter. Toujours une casserole à remuer ou une chose à préparer. Les moustiques sont là eux aussi! Et puis on se salit de suie noire maintenant. Nos casseroles sont noires, nos mains sont noires, nos sacs de rangement sont noirs. Le tout est gras, bien sûr, et on doit laver à l’eau froide… rien ne part, tout se sali. On se couche tard. Une douche rapide en haut d’une tour d’observation d’oiseaux nous permettra d’esquiver les moustiques 5 minutes.
  • Jour 4, levé à 4h, on va voir les phoques à 6h. La sortie est super, car on a la chance de voir un des 300 derniers phoques du Saimaa. Puis on repart. On trouve un garage pour la vidange! Ça fait près d’une semaine que j’ai ça en tête et qu’on galère. En plus il y aura de moins en moins d’opportunités à mesure que l’on va vers la Laponie et le Cap Nord. Alors on s’arrête. On fait aussi équilibrer les roues qui recommencent à vibrer. 4h plus tard, on repart enfin. On arrive au parc que l’on voulait voir et on passe 2h à chercher un bivouac. On revient sur un parking. 2h de sommeil, réveillé par des moustiques, je craque. Je pète un câble. Je regarde sur Google Maps le nombre de km nous séparant de la maison. Je me rendors seulement à 2h du matin en m’habillant pour éviter les monstres qui sont au moins 20 autour de chacun de nous.
  • Jour 5, on passe la matinée à bosser et on n’a rien fait du parc que nous voulions voir. Là j’écris avec 4 moustiques sur la main, Alice se tord en préparant le réchaud à bois alors qu’on veut juste manger, je me frappe toutes les 30 secondes.

C’est n’importe quoi… Prochaines dépenses : Un hôtel pour se reposer? Et surtout une raquette électrique! Mort à la vermine! Cet aprèm nous devrons discuter de ce que l’on va faire….

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